Conférence : le rôle des médias dans le renforcement de la crédibilité et la transparence des élections (synthèse)

ven, 06/03/2020 - 00:38

Le « rôle des médias dans les élections » était le thème central choisi par l’Organisation arabe des administrations électorales pour le congrès international qu’elle a organisé, les 5 et 6 mars 2020, en collaboration avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au Monotel Dar El Barka.

Fixant les contours de ce thème aux ramifications diverses (rôle des médias, impact direct sur la démocratie, etc.), Abdel Hakim, membre de l’instance chargée des élections en Libye, a indiqué que, dans le monde arabe, ce rôle suscite plus d’interrogations et appelle au changement (positif) dans la plupart des cas. En conséquence, les institutions chargées des élections doivent s’adapter tandis que les médias aideraient à mieux appréhender ces transformations en donnant une information « juste » (vraie) et facile d’accès.
Cette mise en relief sera suivie par des développements constituant le thème 1 de cette réflexion générale s’étalant sur deux jours et animée par des débats d’experts suscités par les interventions d’un panel composé de M. Bertrand Simon, universitaire français, Mme Bahia Hachimi (PNUD), Lemys Al Arabi, Secrétaire générale de l’administration électorale en Palestine.
Il ressort de ces interventions que la corrélation entre médias et élections est un problème complexe, les premiers étant un des termes essentiels de la démocratie et des élections dans leur rôle d’outil de sensibilisation, de transparence et de mobilisation. Cette importance, présente dans tout le processus, pose donc une question de déontologie et d’objectivité mais aussi de respect des lois.
En ce sens, les élections sont un défi majeur pour les médias. L’information qui arrive aux électeurs doit être complète et objective, même quand elle autorise une critique des forces politiques en compétition et des autorités (électorales, publiques) qui sont au centre de toutes ces divergences mais se doivent cependant de faire preuve de neutralité.
Avec des moyens humains et financiers souvent suffisants, les administrations électorales engagent leur responsabilité dans des processus que les médias, dans leur diversité, scrutent pour rendre compte aux électeurs. L’intrusion des réseaux sociaux, à côté des médias traditionnels, contraint le législateur à poser des lois, mais pas nécessairement pour chaque type d’organe (radios, télévisions, journaux, sites, etc. On continuera à permettre à chacun d’exprimer son point de vue parce que l’accès à l’information est un droit consacré, sacré pour la démocratie, notamment dans les pays européens, sans que l’exigence de neutralité ou d’objectivité ne soit tranchée dans un environnement qui évolue sans cesse.
Les exigences immuables, dans un cadre européen commun, sont l’organisation d’élections libres et transparentes par chaque pays, une sorte d’équilibre au cours des campagnes électorales par le traitement équitable de tous les candidats, la « protection » de l’information contre toute altération (loi de 2017 sur Internet), avec la possibilité pour les partis et les candidats, en Europe, de contraindre les médias à reconnaître/retirer toute information non fondée (phénomène des fake News qui a prospéré avec internet et les réseaux sociaux).
Deux solutions s’offrent alors : l’équilibre entre liberté d’expression et accès à l’information et les sanctions. S’il faut se situer du côté des médias, et non de l’autorité (administrative ou électorale), la responsabilité est alors plus essentielle que la loi qui reste le dernier recours.
Sneiba Mohamed